Le Serment Rompu nous montre une nouvelle fois que le Japon n'est pas que cérémonies du thé et cerisiers en fleur. Le film se déroule au début du 20e siècle et nous parle d'un phénomène toujours d'actualité aujourd'hui au Japon, la discrimination totalement arbitraire des "burakumin".
Ce mot signifie approximativement et littéralement "les gens du hameau/village". Ces derniers étant traités à l'époque comme des moins-que-rien et des malpropres, considérés comme souillés. Cette appellation désigne les descendants de la plus basse classe sociale datant de l'époque Edo, et même considérée comme une sous classe pour laquelle cette "souillure" se transmettrait par le sang. Cela a donc généré de nombreuses croyances infondées jusqu'au point où des anthropologues ont même voulu prouver qu'ils étaient différents du reste des japonais. Ce sujet maintenant un peu tabou est malheureusement encore présent aujourd'hui dans le milieu de l'emploi et du mariage par exemple.
Raizo Ichikawa (ayant lui-même connu une sorte de discrimination lors de ses débuts en kabuki) incarne donc ici, avec brio, un enseignant fils de burakamin torturé par cette injustice, ayant caché sa véritable filiation toute sa vie afin de bénéficier d'une éducation et de ne pas être exclu de la société. Inspiré par les travaux d'un écrivain burakumin, il vit tiraillé entre son sentiment de révolte face à ce traitement inhumain et arbitraire et sa volonté de garder le secret pour lequel son père a vécu reclus. Un beau film sur les bassesses mais aussi la bénévolance de l'humanité.